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Le centre d'imagerie d'Antony a adapté ses protocoles d’injection au scanner pour diminuer les concentrations, les quantités et les débits de produit de contraste iodé. Photo © Carla Ferrand En imagerie médicale, des initiatives commencent à fleurir autour de l’écoresponsabilité. C’est notamment le cas au centre d’imagerie de l’hôpital privé d’Antony, où l’organisation et les protocoles d’examens ont été repensés pour inclure des mesures plus vertes et vertueuses, et par la même occasion, réduire certaines dépenses.

Moins de PDC = moins de déchets

« Des initiatives sont en place depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, indique le radiologue Romain Pommier. Nous avons réfléchi en termes de pertinence. Pour les produits de contraste iodés, nous avons cherché à rationaliser au maximum leur utilisation. » Depuis 2016, le centre est équipé de deux scanners spectraux double énergie qui permettent de diminuer la quantité et la concentration de produit. « Nous avons travaillé sur les protocoles d’injection en fonction des indications cliniques des patients, explique Sébastien Durand, le directeur adjoint du centre. Nous avons diminué les concentrations, les quantités et les débits de produits de contraste iodés. Par exemple, nous utilisons des flacons de 100 ml au lieu de 150 ml. Ainsi, le coût du flacon baisse de façon substantielle et cela représente une économie de 180 000 euros par an pour la sécurité sociale. » Le fait d’avoir des flacons plus petits se répercute également sur la gestion de l’élimination des déchets : « Si le poids des déchets assimilés aux ordures ménagères (DAOM) est réduit, la facture est moins salée à la fin du mois, et l’impact environnemental est moindre », souligne Sébastien Durand.

Cercle vertueux

Les nouveaux réflexes écoresponsables sont entrés dans les habitudes des professionnels du centre. « Les radiologues sont globalement très attentifs et s’assurent que les bons déchets partent dans le bon circuit, car cela optimise les coûts d’élimination », indique Sébastien Durand. Pour réduire la consommation électrique, les ordinateurs et les lumières sont éteints tous les soirs. Et pour internet, le centre utilise un moteur de recherche écoresponsable, Ecosia, qui fait que chaque recherche sur internet génère un profit qui permet de planter des arbres. « Ce sont plein de détails qui, mis bout à bout, ont un impact pour la structure et l’environnement. » « En radiologie, les enjeux sur l’écoresponsabilité sont réels » Les jeunes radiologues sont parmi les premiers convaincus : « On voit qu’il y a des différences générationnelles de sensibilisation et de sensibilité sur la thématique de l’écoresponsabilité, remarque Romain Pommier. Dans le centre, cette problématique s’est imposée d’elle-même. C’est une façon de remettre en question notre façon d’améliorer nos performances et d’optimiser l’organisation. On s’imbibe aussi de l’air du temps en tant que citoyen sur les initiatives à mettre en place chez soi et au travail. »

Génération verte

La crise de la Covid-19 n’est pas étrangère à certains changements opérés dans le centre d’imagerie : « Avec la Covid, nous avons fait en sorte que les patients ne restent plus en salle d’attente pour avoir leurs résultats d’examens, explique Sébastien Durand. Nous avons dématérialisé l’ensemble des résultats, alors qu’auparavant, les patients repartaient avec un dossier de huit pages. Pour les patients et les prescripteurs, ce sont de nouveaux automatismes à mettre en place. S’ils le souhaitent, les patients repartent avec un petit livret d’une page. Nous utilisons ainsi moins de papier, moins d’encre, et nous avons moins d’imprimantes. » Labellisation des centres Afin de poursuivre sur sa lancée, le centre d’imagerie d’Antony réfléchit à d’autres leviers d’écoresponsabilité, notamment pour gérer les déchets en interventionnel ou éviter le gaspillage de produits de contraste : « Pour une embolie pulmonaire en urgence, nous injectons 35 ml, et jetons les 65 ml restants car nous n’avons pas l’autorisation de les injecter à un autre patient. C’est une problématique réglementaire et une réflexion globale à avoir avec les laboratoires car cela pourra aussi les impacter », avance Sébastien Durand. Au-delà des initiatives individuelles, l’écoresponsabilité gagnerait à s’étendre de façon globale dans le monde radiologique, estime Romain Pommier : « Ce serait peut-être intéressant de créer un label des centres d’imagerie avec différentes mesures à mettre en place, observe-t-il. On pourrait ainsi diffuser des guidelines écoresponsables à plus grande échelle. »

Carla FERRAND